dimanche 9 juillet 2017

Formation sur l’exploitation familial intégrée et prévision saisonnière.

Dans le cadre des activités de la Composante 4 du Projet de Recherche-Développement pour la Sécurité Alimentaire et l’Adaptation au Changement Climatique (RED-SAACC), l’INRAN a organisé du 4 au 6 juin 2017 dans la salle de réunion du siège du syndicat des commerçants de Maradi (quartier ZARYA II), un atelier de formation à l’intention des facilitateurs, des points focaux des ONG partenaires de CARE et INRAN (AREN, KARKARA et RAIL) sur l’exploitation familial intégrée et prévision saisonnière.

Après la Fatiha prononcée par un participant, Dr Chaibou Ghazali, Point focal RED-SAACC/INRAN et dans son allocution a souhaité la bienvenue aux participants et les a exhortés à bien suivre les modules qui seront dispensés vu l’importance de cette formation. L’atelier a pour objectif général de renforcer les capacités du staff et des partenaires sur l’exploitation agricole intégrée et les prévisions saisonnières, spécifiquement (i) expliquer aux participants l’importance des prévisions saisonnières pour la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique ; (ii) former les facilitateurs sur les techniques de collecte de données liées aux protocoles des activités de terrain au niveau des exploitations familiales intégrées.

Plusieurs modules ont été présentés dont le premier est relatif à la généralité sur l’approche PICSA/PSP a été développé dont l’objectif principal est de contribuer à l’amélioration de la productivité agro-sylvo-pastorale. L’exposé de la composante 2 relatif aux protocoles de conduite du test variétal sorgho de résistance à la cécidomyie en station, démonstration des techniques de production améliorée de niébé, la formation des paysans en techniques culturales sur le mil, etc.
La démonstration sur la culture en bande a constitué l’exposé de la composante 4. C’est un système de culture qui consiste à alterner quatre ligne niébé quatre ligne mil avec rotation mil niébé. La présentation de la composante 3 a porté sur six (6) protocoles d’essai (arachide à double fin en milieu paysan, niébé fourrager en milieu paysan, sorgho à double fin en milieu paysan, dolique en milieu paysan, production de bourgou en milieu paysan, production du fourrage et des semences luzerne. L’exposé de la composante 1 a porté spécifiquement sur le protocole de l’essai de démonstration de la variété à chair jaune de la patate douce et sur le protocole d’essai harmonisé de l’introduction du quinoa en Afrique de l’ouest La présentation de la composante 4 a porté sur les protocoles de production des légumes-feuilles, la technique de séchage et conservation ; la production de la pomme du sahel et la régénération naturelle assistée (RNA).
Ces modules ont permis aux participants de s’approprient des méthodes et outils utilisés dans le cadre de la prévision saisonnière à court et moyen terme et des méthodes de collecte de données liées aux protocoles des activités de terrain au niveau des exploitations familiales intégrées.


A issus de cet atelier une trentaine de personnes sont formées et les recommandations formulées sont entre autres à l’endroit de l’INRAN : former les facilitateurs sur l’utilisation des pesticides, s’appuyer sur les structures partenaires de RED/SAACC pour informer les services techniques et les communes par rapport aux activités du projet, accélérer le processus d’identification des exploitations agricoles familiales intégrées (EAFI), associer les plateformes dans la conduite des activités, assurer l’acheminement immédiat des intrants et de petits matériels de terrain pour le démarrage des  Champ École Paysan (CEP), définir le rôle et responsabilités des acteurs dans la mise en œuvre des activités. A la coordination du projet : assurer la formation des facilitateurs et points focaux sur les outils de suivi et évaluation du projet RED/SAACC, s’assurer du fonctionnement du mécanisme / dispositif communautaire de communication en matière de sensibilisation sur les activités RED/SAACC (PCI, Commune, radios communautaires et les STD), créer un comité de suivi des recommandations issues des ateliers RED/SAACC, analyser la possibilité de conduire le CEP de la Commune de Dantchandou cette année pour les cultures pluviales. Aux Partenaires : s’assurer de la disponibilité des CEP et de l’identification des apprenants, assurer la mobilisation des acteurs dans la mise en œuvre des activités du projet.

Djibrilla Abdou Malam 

lundi 29 mai 2017

Les techniciens de l’INRAN formés à l’utilisation des semoirs à double usage

Dans le cadre des activités de la Composante 2 du Projet de Recherche-Développement pour la Sécurité Alimentaire et l’Adaptation au Changement Climatique (RED-SAACC), l’INRAN a organisé du 24 au 26 mai 2017 à Konni, un atelier de formation à l’intention des techniciens sur l’utilisation de semoirs et les techniques de microdosage , de trempage et d’enrobage des semences.
L’atelier a vu la participation du Coordonnateur du Projet, le point focal, du représentant de la composante 2 du projet, du chef de station de recherche de konni et de plusieurs technicien et invités. A l’ouverture, Monsieur Hamza  Mahamane, chef de Station de Konni a pris la parole pour  souhaiter la bienvenue aux participants et les exhorter à bien suivre les modules qui seront dispensés vu l’importance de la mécanisation agricole au Niger. L’atelier a pour objectif : (i) renforcer la capacité des producteurs et productrices, (ii) améliorer la productivité du travail, (ii) améliorer la production agricole, (iv) alléger la pénibilité de travail.

Dr kiari Addam Saidou, Coordonnateur du Projet dans sa communication à présenter à l’assistance les objectifs et résultats du Projet qui sont entre autre (i) une horticulture adaptée au changement climatique contribue à améliorer équitablement le revenu et la qualité nutritionnelle des ménages, (ii) un système de culture performant et résilient contribue à améliorer la production pluviale, (iii) le développement des systèmes d’élevage performant adaptés aux changements climatiques améliore durablement la production animale, (iv)des modèles d’exploitations agricoles intégrées sont promues pour optimiser les ressources des producteurs et productrices, (v) un dispositif de gestion des connaissances efficace permet de capitaliser et de partager les bonnes pratique,(vi) des Plateformes structurées et fonctionnelles.
Le coordonnateur du Projet, a mis l’accent sur la Composante 02: ‘’Développement des options techniques pour améliorer la productivité des cultures sèches’’, en expliquant  les activités qui font de la Technique de trempage des semences; Identification de variétés adaptées au changement climatique; Identification de variétés riches en éléments nutritifs; Courbe de réponse aux microdoses d’engrais (mil, sorgho, niébé et l’arachide); Intensification à plusieurs niveaux d’intrants agricoles; Utilisation des fumures  organique et minérale en microdoses; Utilisation de Piliostigma reticulatum  et Gueria senegalensis comme espèce fertilisante; Techniques de conservation de l’eau; Mécanisation (placement mécanique de la semence et des microdoses d’engrais). En collaboration avec IER et du Renforcement des capacités (chercheurs, agents d’encadrement et producteurs).

Monsieur Hamza Mahaman spécialiste de la mécanisation agricole quant à toi a brossée la genèse de la mécanisation au Niger. Il a indiqué l’importance de ce domaine pour booster l’agricole dans l’atteinte la sécurité alimentaire.La formation se poursuivit pendant trois (3) jours avec des présentations et des cours pratiques sur l’utilisation des semoirs et les technologies comme le microdosage, le trempage et l’enrobage des semences
A issus de cet atelier une vingtaine de techniciens sont formées et les  résultats attendus sont les suivant : la capacité des producteurs et productrices est renforcée, le travail  est améliorée,  la production agricole est améliorée, le travail est alléger.


Djibrilla Abdou Malam Abdou 

lundi 10 avril 2017

CONTRIBUTION DU DR. OUENDEBA A L’AMELIORATION DE LA PRODUCTIVITE DU MIL AU NIGER ET DANS LA SOUS REGION Par Naino Jika

Tout jeune chercheur Ouendéba Botorou arriva à l’INRAN en 1977, deux ans seulement après la création de l’institution. Affecté au CNRA de Tarna (Maradi) à une période où le pays était encore sous le choc de la sécheresse des années 1972-1973, Ouendeba Botorou eu pour mission de prendre rapidement en charge le programme de sélection du mil, alors précipitamment abandonné par l’Institut de Recherche en Agronomie Tropicale (IRAT).

A. Activités de Recherche
Il s’attela alors, avec l’appui de l’observateur autochtone du programme, à retrouver les talons des principales obtentions de l’IRAT (Bambey) en cours d’évaluation à Tarna, ainsi que les lignées des populations locales dont la recombinaison fut timidement initiée par un cadre de l’IRAT, avec pour objectif la création d’un nouveau cultivar. Ouendéba effectua la première recombinaison du second cycle de sélection récurrente au cours de l’hivernage 1977.

La seconde recombinaison du second cycle de sélection récurrente fut parachevée en contre saison 1978 et l’évaluation du nouveau composite simultanément effectuée dans les stations régionales de l’INRAN en l’hivernage 1978. Le nouveau Composite Inter Variétal (C.I.V.T) fut soumis aux essais multi locaux avant d’être proposé à la diffusion.

Alors qu’il s’efforçait de maintenir en collection le matériel végétal abandonné dans les tiroirs par son prédécesseur, Ouendéba entreprit en fin de campagne 1978, une collecte d’échantillons des principales variétés populations de mil, avec pour objectif la création d’un pool de gènes des populations autochtones.
La première collection testée des variétés populations nigériennes fut ainsi mise en place, pour servir de réservoir de gènes en appuis aux activités de sélections!

Avec l’arrivée en appui d’un second sélectionneur nigérien en 1979, l’équipe de sélectionneurs commença à se mettre en place autour du Mil pour tenter de booster sa productivité et proposer rapidement au monde rural des semences de variétés mieux adaptées aux conditions de production du moment, plus productives, tolérantes à la sécheresse et résistantes aux maladies. 
Le programme de recherche sur le mil fut formellement élaboré en Novembre-Décembre 1979, avec pour objectifs principal, la résolution des problèmes qui assaillent le secteur rural. Il s’articulait sur les grands axes suivants :
1.    Collecte et évaluation des populations locales ;
2.    Observation et création de lignées des variétés populations les plus cultivées au Niger;
3.    Amélioration de la productivité des populations locales les plus représentatives
4.    Introduction du matériel exotique.
5.    Etudes des aptitudes Générale et spécifique à la combinaison du matériel en collection.

Parallèlement aux manipulations classiques de sélection, pour enrailler dans l’urgence, le spectre inacceptable de désolation et de la famine, la jeune équipe élabora une méthodologie rapide de sélection qui lui permette de développer, en un temps record, des cultivars améliorés plus performants mais visuellement ressemblants aux variétés populations traditionnelles.
La méthode fut simultanément appliquée aux huit populations représentatives des principales zones de production (2 du Département de Diffa MORO et BOUDOUMA, 2 des Départements de Dosso et Tahoua (GUERGUERA et HEINI KIREY), 2 du Département de Maradi (ZONGO et TCHINAN BAJINI), puis ANKOUTESS et BAANGOURE pour le Département de Zinder).

B. Résultats
A l’instar des autres programmes de sélection (Sorgho, Niébé, Arachide, Riz et Oignon) conduits par les quelques expatriés restants, d’importants résultats furent rapidement enregistrés par le programme Mil en matière d’amélioration variétale. En effet, à partir de 1985 déjà, la méthode rapide de sélection initiée par le programme mil commençait à porter ses fruits.

1. Variétés épurées développées grâce à la méthode rapide de sélection
Tableau 1. Rendements moyen des populations épurées dans certaines localités du pays (Kg/ha) (Moyenne sur 5 années d’essais)
Localité
Tarna
Kollo
Bengou
Konni
Magaria
50% épiaison (Jrs)
Taux en protéines
Population
GR P1
1.577
730
2.262
1.471
620
55
14,44
BA P1
1.665
1.005
1.786
1.620
720
65
18,86
DG P1
1.730
908
2.337
1.505
685
55
-
ZA P1
1.440
1.060
2.139
1.282
810
-
-
TB P1
1.546
962
1.818
1.614
1.034
-
-
HKB P1
1.719
539
2.181
1.509
737
55
14
MO P1
1.629
1.020
-
-
1.105
55
15,31
ANK P1
1.039
1.097
-
-
585
45
15,1
CIVT (T)
1.302
745
2.501
1.481
853
60
13,6
Pluviométrie
315, 8
424,9
723,4
433,1
-
-
-

Tableau 2. Performances (à Tarna) des versions précoces de cultivars locaux
Performances Agronomiques
Cycle (50% épiaison) (Jrs)
Longueur épi (Cm)
Rendement grains (Kg/ha)
Cultivar
HKP 3
51
45,5
1.477
H8010GR
53
45,55
1.504
HKP (T)
56
45,5
1.26

 
Tableau 3. Performance des composites et synthétiques développés par le programme
Caractères
Cycle (50% épiaison)
Longueur moyenne épi (cm)
Rendement moyen (Kg/ha)
Cultivar
CIVT
55
45 à 55
1.712
T 18 L
53
50 à 55
1.371
*CNT
-
-
1.321
ITMV 8001
56
45 à 55
1.565
ZATIB
63
54 à 60
1.576
HKB-TIFT
53
42 à 45
1.750
**C.A.R
90
65 à 80
1.950
***C.E.V
90
55 à 60
1.890
TRH 8001
63
55 à 60
1.600
SYNT.80 T
63
50 à 56
1.933
SOUNA 3
62
50 à 60
1.392
P.T.1-2
57
45 à 50
1.679
CT.3
63
30 à 47
1.000
CT.6
61
45 à 50
1.248
MTDO
95
50 à 60
1.900
MTTY
90
50 à 65
1.800
*CNT : Composite Nain de Tarna
**C.A.R : Composite aristé
***C.E.V : Composite grains violets
C. Impact au plan National
L’engagement des jeunes cadres de la nouvelle Institution nationale, à atténuer les souffrances du monde rural et les résultats probants rapidement enregistrés en matière de sélection variétale incitèrent plusieurs bailleurs de fonds (USAID et Banque Mondiale en particulier) à appuyer l’INRAN dans son combat pour assurer l’auto suffisance alimentaire ! Très tôt, l’ACDI dans le cadre de la coopération Canadienne mit à la disposition de l’INRAN un entomologiste chevronné qui, rapidement inventoria, classa et mit en collection, les principaux insectes des différentes espèces cultivées au Niger. Les prouesses des jeunes sélectionneurs du programme Mil séduisit la Direction de l’ICRISAT qui très vite installa à Maradi un sélectionneur mil, en appui à l’équipe nigérienne de recherche!
L’ICRISAT installa en fin, le Centre Sahélien au Niger en 1982. Elle contribua par la suite au renforcement des capacités de l’INRAN par l’édification (aménagement des terres, construction d’infrastructures et équipement en matériel de culture) du point d’appui de Tara dans la région de Dosso.
1. Les projets USAID
F  Projet PARA (Projet d’Appui à la Recherche Agricole) 1985-1990
Renforcement des capacités de l’INRA par mise à disposition de chercheur (à partir de 1976, l’appui à la formation des cadres et techniciens, et soutien financier des activités de recherche sur les sols et l’économie de l’eau, la transformation des produits et équipement en matériel de culture et de laboratoires. Le PARA organisa en 1982 à Dosso un atelier destiné à mettre en place, pour la première fois, une filière semences au Niger.
F  Projet PAPA (Projet d’Appui à la Production Agricole)
Simultanément mis en place avec le projet PARA en 1985, pour le renforcement des capacités de la vulgarisation par la construction et l’équipement de 6 Centres de Multiplication des Semences, la formation des cadres et l’appui à la diffusion des semences.
F  Projet PRAN (Projet de Recherche Agricole du Niger) 1991-1995
Parachèvement des travaux de sélection (Mil, Sorgho, Niébé), diffusion des semences, Système de production, et études socio-économiques; Appui au laboratoire de transformation
2. Projet Banque Mondiale
F  Projet PNRA (Projet National de Recherche Agronomique) 1995- 2000
Renforcement des capacités de l’INRAN et poursuite des activités de recherche et de diffusion des semences

D. Impact au plan régional et international
La contribution aux essais régionaux représenta pour le programme une bonne opportunité pour promouvoir les échanges de cultivars entre les institutions des pays participants ; Plusieurs des cultivars développés par le programme ont été retenus par les pays de la sous région
1. INSAH (USAID, U.E)
Les essais initiés par l’Institut du Sahel étaient conduits au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad. Le cultivar SOUNA 3 a été introduit au Niger par le truchement de ces essais
2. ROCAFREMI (Coopération Suisse)
Les essais ROCAFREMI ont concerné 14 pays : Benin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Mali, Mauritanie, Nigeria, Niger, Sénégal, Tchad et Togo.
Dès la création du réseau, au moins un membre de l’équipe de sélectionneurs Mil de l’INRAN, était chaque fois retenu pour siéger au sein du Comité directeur du ROCAFREMI.

Comme pour gratifier les efforts consentis dans l’animation du réseau et les apports soutenus en matériel génétique de notre équipe, pour booster la productivité et la production du Mil dans la sous région, Dr. Ouendéba Botorou fut retenu pour assurer la coordination du Réseau Ouest et Centre AFricain de Recherche sur le Mil en 1996. Il coordonna avec tact, les activités de cette structure jusqu’en 2002.

E. Le persistant défi de la préservation et du maintien des semences souches
Un nombre appréciable de variétés améliorées performantes de mil de sorgho, de Niébé, d’Oignon, etc., avaient été générées par les sélectionneurs depuis la création de l’INRAN. Malheureusement les semences viables de la plupart de ces variétés sont aujourd’hui introuvables.
Rien n’a été fait et rien ne semble être entrepris, aujourd’hui encore, pour assurer la préservation et le maintien des semences souches des variétés des espèces végétales vivrières du Niger; même pas pour le moyen terme, à plus forte raison pour les générations futures.